
Quand les fêtes approchent, leur lot de réunions familiales se fait pressant. Si certains attendent ce moment avec impatience, d’autres redoutent déjà les tensions qui ne manqueront pas de surgir. Car oui, entre le repas de Noël et les retrouvailles estivales du mois d’août, les occasions de conflits familiaux ne manquent pas.
La Famille, je ne vais pas vous faire un cours psychologisant sur le sujet, d’autres le feront beaucoup mieux que moi. Mais une analyse des différentes situations vues sous l’angle de l’homéopathie, ça peut permettre de prendre du recul, voire de rire un peu.
Contrairement aux troubles digestifs liés aux excès de table, nous ne sommes pas ici sur un problème aigu mais sur l’apogée d’une situation chronique, problématique ou non.
L’image d’Épinal versus la réalité
Dans l’idéal, la famille se réunit, est contente de se voir, de passer le réveillon et le jour de Noël ensemble, supporte bien l’excès de nourriture et d’alcool, se sépare avec promesse d’une prochaine réunion tout aussi agréable. Une véritable image d’Épinal.
La réalité est souvent tout autre. Derrière les sourires de façade et les embrassades polies se cachent parfois des années de non-dits, de rancœurs accumulées, de vieilles histoires jamais digérées. La tante qui fait toujours des remarques déplacées, l’oncle qui monopolise la conversation avec ses opinions politiques, le beau-frère qui ne rate jamais une occasion de rappeler ses réussites professionnelles, la belle-mère qui critique subtilement la décoration ou le choix des plats…
Et puis il y a la fatigue. Celle de l’organisateur qui s’est démené pendant des jours pour que tout soit parfait, celle des parents qui doivent gérer les enfants surexcités, celle de devoir sourire alors qu’on aurait préféré rester tranquillement chez soi. L’alcool coule, les langues se délient, les masques tombent. Une remarque de trop, un silence pesant, un vieux grief qui refait surface, et voilà que l’ambiance bascule.
Sans compter la promiscuité forcée : on se retrouve coincé pendant des heures avec des personnes qu’on n’a pas choisies, dans un espace souvent trop petit, sans possibilité de s’échapper facilement. Chacun joue son rôle habituel, reproduit les mêmes schémas familiaux, avec la même fatigue et la même lassitude que les années précédentes.
Les personnalités homéopathiques lors des réunions familiales
Chaque membre de la famille possède son propre tempérament, sa propre façon de réagir aux situations de stress. Voyons comment les différentes typologies homéopathiques se comportent lors de ces moments intenses.
SULFUR : Le franc-tireur de la famille
SULFUR a une situation bien en vue dans la famille. Sûr de lui, sûr d’avoir raison, il a un avis sur tout et sur tout le monde, et dit les choses sans détour, par excès de franchise. Il n’est pas méchant pour deux sous, mais peut violemment déranger les plus discrets, les plus sensibles, les plus émotifs. Lui, il est très stable, pas grand-chose ne le dérange.
LYCOPODIUM : Le manipulateur aux colères froides
LYCOPODIUM, hépatique à double personnalité, 50% de Yin, 50% de Yang, s’exprime en fonction de son état et de son humeur. Séducteur et gentiment manipulateur si besoin, il est fin, pas toujours confiant en lui, et peut faire des colères froides : pas de cris, trois phrases bien placées qui feront taire l’interlocuteur immédiatement.
Il lui est déjà souvent arrivé de blesser des personnes de la famille et on s’en méfie un peu. S’il est fatigué ou en période d’instabilité émotionnelle, il peut craquer et plonger dans une déprime profonde dans les jours qui suivent. Sur le coup, il fera face, dignité oblige.
PHOSPHORUS : L’enthousiaste qui s’enflamme
PHOSPHORUS, autre hépatique, va s’animer de plus en plus au fur et à mesure que la soirée avance. Ce n’est pas une question d’alcool mais d’heure. Loin des manipulations et autres, il va exposer avec de plus en plus d’enthousiasme ses dernières créations, idées extraordinaires, jusqu’à ce que la migraine le terrasse.
Et là, il ne supporte plus le bruit, l’agitation. Il est connu, admiré et moqué dans la famille pour ses idées farfelues. On ne lui en veut pas, il agace parfois.
ANTIMONIUM CRUDUM : Le gourmand pacifique
ANTIMONIUM CRUDUM va être calme tant qu’il y a à manger. Pas question de piquer dans son assiette. On le connaît bien, et comme l’occasion s’y prête, il ne posera pas vraiment de problème (contrairement au mois d’août où les salades et repas légers pourront le rendre désagréable, voire agressif et donc difficile à supporter en groupe).
Donnez-lui à manger si vous voulez être tranquilles !
SEPIA : L’organisateur au bord du burn-out
SEPIA, organisateur né, va faire en sorte que tout soit « parfait ». Ça a toujours été son rôle dans la famille. Soyons honnêtes, c’est bien pratique et on en profite un peu, sans trop le dire.
Le problème, le jour J, c’est qu’il est fatigué, a besoin d’aide mais ne demande rien, et finit par craquer sur une broutille, va mettre le feu aux poudres et peut déclencher une affaire d’État, avec sentiment d’injustice et de manque de respect.
NATRUM MURIATICUM : Le punching-ball silencieux
NATRUM MURIATICUM est un profil incontournable des réunions familiales. Discret, silencieux, qui voit tout et entend tout, il sait exactement quand et où ça va craquer. Il va tenter ce qu’il peut pour éviter ça mais ne va pas y arriver et va servir d’exutoire à tous les explosifs.
Lui n’explose que très exceptionnellement, et ne le supporte pas. Il va se taire, disparaître, et conclure, une fois de plus, qu’on ne l’aime pas, que sa fonction est celle de punching-ball, que ça a toujours été comme ça. Les jours et mois qui suivent vont être très difficiles pour lui, surtout qu’il se souvient exactement de ce qui a été dit cette année mais toutes les années précédentes. Le jour, l’heure, la personne et le ton.
PULSATILLA : L’émotif qui pleure facilement
PULSATILLA, autre incontournable, a besoin d’aimer, d’être aimé et qu’on le lui dise. Câlin à l’extrême, doux et gentil, il est ravi d’avoir des sucreries à volonté. Il va tenter de consoler les malheureux et va pleurer avec eux.
Dès le moindre cri ou la moindre réflexion acerbe, il va fondre en larmes et essayer de trouver quelqu’un pour le consoler, qu’il trouvera ou pas.
Comment prévenir les conflits familiaux ?
Chaque famille est un assemblage de typologies différentes. Peu importe si c’est le fruit de l’hérédité, du tempérament, de l’histoire familiale, du transgénérationnel. Dans l’immédiat, chacun est comme il est, et arrive, content ou contraint à cette « fête » qui ne va pas forcément en être une mais qui fatalement va faire réagir les uns par rapport aux autres.
Que faire concrètement ?
Si vous vous reconnaissez dans l’un ou l’autre des tempéraments, prenez une dose de votre remède en 15CH avant de partir, et à votre retour. La « digestion » sera beaucoup plus facile.
Vous pouvez proposer à votre entourage de prendre son remède en prévention, ça peut aider. Et les autres, ils feront ce qu’ils pourront.
L’objectif n’est pas de changer les autres, ni de transformer la réunion familiale en thérapie de groupe. Il s’agit simplement de mieux vous protéger émotionnellement, de créer une sorte de bouclier qui vous permettra de rester vous-même sans vous laisser déborder par les émotions ou les réactions des autres. Le remède homéopathique agit comme un régulateur, il ne vous transforme pas en quelqu’un d’autre, il vous aide juste à être la meilleure version de vous-même.
Si vous ne connaissez pas votre remède de fond, ce n’est pas grave. Observez-vous lors de ces réunions, notez vos réactions, vos émotions dominantes. Cette prise de conscience est déjà un premier pas. Et si vraiment la situation devient trop difficile, n’hésitez pas à consulter un homéopathe ou un conseiller en homéopathie qui saura déterminer votre profil et vous prescrire le remède adapté.
C’est volontairement que je n’ai pas parlé des personnalités qui relèvent directement de la psychiatrie, il n’y en a pas dans toutes les familles heureusement.
Je vous souhaite de bonnes fêtes de famille.
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