L’homéopathie, je n’y croyais pas

Médecin homéopathe depuis 40 ans, jeune retraitée et aujourd’hui formatrice en homéopathie chez Alternaria, je me dois d’être tout à fait honnête avec vous : l’homéopathie, à la base, je n’y croyais pas. Mais vraiment pas du tout.

Une jeune médecin en quête de sens

Comment vous raconter mon histoire ?

Imaginez une jeune maman solo de deux petites filles — l’une de deux ans, l’autre de quelques mois seulement. Fraîchement diplômée, je faisais des remplacements réguliers en médecine générale, dans les campagnes d’Auvergne. J’adorais ce métier. Les visites dans les fermes, le café qui m’attendait sur la table de la cuisine, les conversations sincères avec des patients qui me faisaient confiance. Une médecine humaine, comme on la pratiquait encore à l’époque. Le médecin de campagne qui fait face à presque toutes les situations, parce que l’hôpital le plus proche est à une heure de route. C’était exigeant, mais tellement valorisant.

Pourtant, je me trouvais face à un dilemme. J’adorais mes filles et il n’était pas question de les sacrifier à mon métier. Je cherchais quelle voie prendre pour concilier vie de famille et vie professionnelle, sans renoncer à cette médecine générale qui me passionnait.

C’est alors que ma sœur, fervente utilisatrice de l’homéopathie, m’a suggéré de suivre une formation d’homéopathe. Ma réaction ? Un refus catégorique. Je n’avais aucune envie d’avoir une clientèle « d’hystériques qui se soignent avec de l’eau sur du sucre ». Moi, je voulais pratiquer une médecine sérieuse, une médecine qui soigne vraiment les gens. Je voulais être Zorro, comme on me l’avait laissé croire pendant mes études.

Formatage, quand tu nous tiens.

Le premier cours qui a tout changé

Finalement, histoire de connaître un peu mieux ce contre quoi je me battais, j’ai décidé d’assister au premier cours proposé par l’école d’homéopathie de Clermont-Ferrand, ville où j’habitais à l’époque. Un essai, juste pour pouvoir dire « j’y suis allée et ça ne m’a pas intéressée ».

L’ambiance n’avait rien d’engageant : une salle de fac austère, des bancs raides, pas de chauffage, une dizaine de personnes dont certaines semblaient déjà absolument convaincues de leur choix. C’était mal parti pour moi. Je me sentais passablement hostile, cherchant mentalement à contrer chaque argument que j’entendais.

Et là, aussi incroyable que cela puisse paraître, quelque chose s’est produit.

Le discours de l’enseignant m’a semblé non seulement intéressant, mais il répondait exactement aux attentes que j’avais toujours eues en médecine générale. Un discours humain, plein de bon sens et de bienveillance — tout ce dont l’absence m’avait frustrée pendant mes études médicales. On ne me parlait pas de maladies, mais de gens malades et potentiellement en bonne santé. On ne séparait pas le corps et l’esprit. On me parlait d’humanité.

C’était exactement ce qui avait manqué à ma formation de médecin. Ce que j’avais tant reproché à la faculté.

Même si je ne croyais pas un instant que des granules puissent guérir quoi que ce soit, la vision des choses me parlait profondément. Alors, presque malgré moi, je me suis inscrite.

Les premiers pas d’une sceptique

Les débuts ont été chaotiques, je dois l’admettre.

J’ai commencé à tester l’homéopathie sur mes proches, sans aucune conviction, essuyant au passage quelques moqueries : « Oh, pas toi quand même ! » J’étais persuadée que si mes « cobayes » allaient mieux, c’était uniquement pour ne pas me contrarier. Je tentais, j’abandonnais, je luttais contre mes propres freins — parfois rationnels, parfois complètement irrationnels.

Et puis il y a eu le hamster.

Notre petit rongeur s’était blessé la patte dans sa roue. Il criait à chaque pas. Le vétérinaire m’a alors expliqué que les hamsters ne supportaient que l’homéopathie et m’a conseillé de mettre de l’arnica dans son eau de boisson.

À ma grande surprise, dans l’heure qui a suivi, le hamster ne criait plus. Non, il n’était pas mort non plus ! Et là, je dois dire que le facteur psychologique et la « croyance » du hamster me paraissaient fort improbables comme explications.

Ce petit animal m’a fait avancer d’un grand pas. J’ai terminé ma formation. J’en ai même suivi une deuxième, à Lyon, pour être vraiment sûre. J’ai passé mon diplôme.

Quarante années de pratique et de découvertes

Je me suis installée en tant qu’homéopathe, pas encore totalement convaincue, mais heureuse de faire de la médecine générale, de m’occuper de mes enfants et de maîtriser à peu près mon emploi du temps.

Au début, quand les patients allaient mieux, je vérifiais par de multiples questions si vraiment l’homéopathie y était pour quelque chose. « Vous êtes sûr ? Vous n’avez rien pris d’autre ? L’otite du petit, réglée en 48 heures ??? » De quoi faire douter ma propre patientèle…

Mais petit à petit, force m’a été de constater que oui, l’homéopathie était efficace. Pas pour tout, bien sûr, et pas chez tout le monde. Mais la proportion de bons résultats était impressionnante. Et le métier était passionnant, avec une relation de confiance tellement agréable et productive.

Pendant 25 ans, je me suis sentie débutante, apprenant encore et toujours, suivant des congrès, lisant beaucoup. J’ai été heureuse pendant 40 ans, sans jamais me lasser, parce qu’il n’y avait jamais deux consultations identiques. Chaque patient était unique, chaque histoire différente.

J’ai fait le choix de passer en secteur 3 pour garder un temps de consultation respectueux — respectueux de moi, de mes patients et de notre relation. Ma clientèle m’a suivie dans une très bonne proportion. Une patiente m’a dit un jour : « Voir trois fois le médecin dans l’année à 50 euros la consultation, c’est moins cher que le coiffeur. » Cette phrase m’a marquée.

Oserais-je vous l’avouer ? J’ai même fini par être étonnée quand les résultats n’étaient pas au rendez-vous.

Au-delà de la croyance : l’expérience

Aujourd’hui, je ne peux pas dire que « je crois à l’homéopathie ». Ce serait réducteur. Je peux dire que j’ai obtenu de bons résultats avec elle, pendant quatre décennies de pratique quotidienne.

Les arguments des détracteurs, je les connais par cœur. Mais ils ne tiennent pas la route, parce que ce sont souvent des gens qui n’ont jamais pris la peine de tester réellement cette approche. Ils répètent à l’envi ce qu’ils ont entendu, sans chercher à vérifier par eux-mêmes.

Il est vrai qu’on ne sait toujours pas de manière certaine comment fonctionne l’homéopathie. Mais doit-on nier tout ce qu’on ne comprend pas ? Une véritable démarche scientifique ne consiste-t-elle pas à chercher à expliquer ce qu’on ne comprend pas, plutôt qu’à le détruire ?

Transmettre pour que l’expérience ne se perde pas

Au moment de prendre ma retraite, une question s’est imposée : que va devenir toute mon expérience ? Ce que j’ai appris, ce que j’ai compris au fil des années, tout ce qui n’est pas dans les livres ?

Je ne suis pas indispensable, loin de là. Mais chaque fois qu’un médecin prend sa retraite, c’est un volume considérable d’enseignement qui disparaît avec lui. Des milliers de cas, d’observations, de subtilités cliniques qui ne seront jamais transmis.

C’est pourquoi j’ai rejoint l’équipe de formateurs d’Alternaria.

Je prends un immense plaisir à transmettre tout cela. Avec Karine Meslin-Hauchard, homéopathe ORL, nous avons travaillé à dépoussiérer l’enseignement, à faire évoluer nos connaissances en fonction des avancées de la médecine, de l’apparition de certaines pathologies, de la disparition d’autres.

L’approche Alternaria : une formation complète et humaine

Chez Alternaria, nous avons à cœur de proposer un enseignement de qualité qui associe homéopathie, médecine chinoise et psychomédecine.

Pourquoi cette approche intégrée ? Parce que les liens entre homéopathie et médecine chinoise sont profonds, et chacune de ces deux médecines permet de porter un regard différent sur l’autre. Elles s’éclairent mutuellement, enrichissent la compréhension du praticien.

Quant à la psychomédecine, elle devrait faire partie intégrante de toutes les formations de soignants, à commencer par les médecins. Comprendre les intrications entre le corps et l’esprit, entre le vécu émotionnel et les manifestations physiques, c’est la clé d’une prise en charge véritablement globale du patient.

Quand l’expérience des uns peut servir aux autres, pourquoi ne pas la partager ?

Et si vous tentiez l’aventure ?

Alors si cela vous tente — en présentiel ou en distanciel, peu importe — nous serons très heureux de vous former, de vous accompagner. Un à un, pas à pas, pendant et après vos études.

Même si vous n’y croyez pas, vous pouvez tenter l’aventure. Comme moi il y a 40 ans, sceptique sur ces bancs inconfortables d’une salle de fac mal chauffée.

Vous risquez simplement d’être heureux dans votre pratique. C’est tout ce qu’on vous souhaite.

Geneviève De Bouillane De Lacoste est médecin homéopathe, forte de 40 ans d’exercice. Elle est aujourd’hui formatrice chez Alternaria, école de formation en homéopathie, médecine chinoise et psychomédecine.

0 Comments

Submit a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *